J'écoute : Franck Monnet
Je regarde : How I met your mother
Je lis : Microfictions
Je joue : de la trompette
(mis à jour jeudi 14 août 2008 à 16:19)

20/04/2008

20/04/08 - 20:48

Moi, Teddy Bear


Moi Teddy Bear
Tourne dans la lessiveuse
Crache un peu d’eau savonneuse
A quoi je sers
Au matin elle me tire du sommeil
En tirant mes oreilles

Moi Teddy Bear
Suspendu sur l’étendeur
Mon corps sèche et mes yeux pleurent
De quoi j’ai l’air
A midi ben jamais je n’y coupe
Je prends mon bain dans sa soupe

Mais quand elle dort elle souffle de l’or
Et ses petits poings fermés me pressent le cœur
Je rêve que la nuit demeure encore, encore, encore, encore une heure

Moi Teddy Bear
Etouffe au milieu du linge sale
J’ai des fourmis dans les poils
A quoi je sers
Jusqu’au soir à ses pieds je me traîne
A en perdre ma laine

Moi Teddy Bear
Tourne dans la lessiveuse
Crache un peu d’eau savonneuse
De quoi j’ai l’air
Quand je viens lui déclarer ma flamme
Elle embrasse Batman

Mais quand elle dort elle souffle de l’or
Et ses petits poings fermés me pressent le cœur
Je rêve que la nuit demeure encore, encore, encore, encore une heure

Jérémie Kisling

09/04/2008

09/04/08 - 19:22

"Frère animal" encensé par la critique !


Article merveilleux des Inrocks au sujet de "Frère animal", dernière œuvre en date de Florent Marchet et d'Arnaud Cathrine (on va finir par le savoir!). Si seulement ça pouvait vous donner l'envie!

"On n’a toujours pas épuisé le précédent album de Florent Marchet, Rio Baril, chef d’œuvre de pop sensible et extraordinaire ouestèrne provincial. On n’a toujours pas fini de croiser ses personnages amers dans l’exploration méthodique de cette ville (quasi) imaginaire. Marchet et son copain écrivain Arnaud Cathrine, accompagnés notamment de Valérie Leulliot, offrent pourtant déjà l’occasion d’en visiter une périphérie – sa zone industrielle.

C’est Frère Animal, un récit cohérent, un roman-livre qui se lit et s’écoute, et vice, et versa. Frère Animal, un autre conte sensé et pas si fantasmé que ça, une autre histoire acide, une ambition démente et une réussite grandiose – musicale comme lyrique. Il est ici question d’une compagnie, la SINOC, organisme social et personnage incarné, “mère nourricière” mais pieuvre carcérale, de son emprise totalitaire sur les vies locales. La SINOC markète des objets culbutos pour passionnés nautiques –et les personnages tanguent avec leurs créations absurdes entre sécurité dégoûtante, résignation malheureuse et envies frustrées de lointain. On croise un DRH statutairement salopard (La Chanson du DRH, sommet de Frère Animal), un Jean affreusement soumis et son fils Thibault, personnage principal, largué, inadapté, libre puis enfermé dans un salariat à reculons, jusqu’au fracas final. On rencontre Maxime, le Vieil Enfant d’une tristesse douloureuse, qui a passé la date de péremption, viré pour son âge, ou Julie (Valérie Leulliot) qui est “passée au travers des mailles du filet”, qui rêve d’art et de Bruxelles.

On entend, tout au long, la musique majeure de Florent Marchet. Pointilliste, complexe, hautement sensible, pleine de recoins pièges et surprises. On retrouve, comme sur Rio Baril, ces éclats brillants de Sufjan Stevens ou de Yann Tiersen, et comme chez eux la même mélancolie collante, la même impression diffuse de candeur enfantine. On trouve aussi quelques reflets gainsbouriens affirmés, dans les récits parlés de Cathrine, dans les arrangements formidables de Reconnaissance de Dettes ou dans la très drôle L’Article. On se heurte enfin, sur La Traduction ou Fiche de Recrutement, à quelques aigreurs et amertumes plus rock. Car de l’amertume, une superbe amertume, une grandiose amertume, le bouleversant Frère Animal en dégouline. Et, bizarrement, ça fait beaucoup de bien."

Thomas Burgel, 25 mars 2008


Pour les fans, lien vers le Groupe Florent Marchet Attitude de GA

07/04/2008

07/04/08 - 22:50

Comme je me sens un peu paumé, je me demandais...




Où sont les lions

Ici sont les lions
Dans les endroits inexplorés
Les terres qui n’ont pas de nom
Où l’homme n’est pas passé

Dans ce temps de jouissance sans désir
Temps sans gravité
Sans poids pour nous arrimer
Nous allons où sont les lions

Quand le temps d’être déçu n’est plus
Enfants allons
Sur les hauts lieux de colère
Appareillons

Dans ce temps d’ordre et de profil bas
Ce temps vautré
Toute caisse noire d’un drapeau couverte
Nous allons où sont les lions

Dans des lieux intouchés
Des lieux qui n’ont pas de nom
Pire qu’ici, meilleur qui sait
Voyons voir comment ils sont

Dans des lieux inexplorés
Lieux qui n’ont pas de nom
Pires, meilleurs, qu’ici, qui sait
Voyons s’il y a des lions
S’il y a des lions

Dominique A

06/04/2008

06/04/08 - 22:06

Chris Garneau enfin distribué en France

Petit coup de pub pour Chris Garneau, jeune New-Yorkais au talent fou et au joli minois! Son album "Music for Tourists", datant de la fin 2006, vient de sortir en France, c'est le moment d'y prêter un peu l'oreille. C'est tout simple, c'est pur, c'est magique.


Extrait des Inrocks : "En équilibre sur ce fil très ténu qui sépare le lyrisme nu de la pure sensiblerie, le chant tremblant de Garneau accomplit des figures funambules qui trahissent un caractère entier et courageux: ce garçon aux airs d'enfant de chœur possède une force intérieure qui, dans un proche avenir, pourrait en surprendre et en étourdir plus d'un."

Eh bien moi, il m'étourdit déjà!

Ci-dessous le clip de "Relief", l'un des titres de son album :